Un petit bilan sur le Samsung Galaxy Pad

Un petit bilan sur le Samsung Galaxy Pad

Ca y est, elle est officielle. La tablette 7″ de Samsung a été dévoilée lors de l’IFA et nous montre une sorte d’état de l’art en la matière. Complète et ergonomique, les premiers échos autour de la tablette sont assez clairs. Samsung signe là un vrai outil Android taillé pour avoir un certain succès.

Cette vidéo faite par Samsung montre un fonctionnement idéal : un outil qui vous accompagne partout, vous connecte au monde et vous renseigne au mieux. Certaines applications sont encore assez illusoires dans un pays comme la France, où la couverture 3G est parfois assez lente, mais je suppose que cela doit avoir du sens en Corée que de sortir un engin tel que le Galaxy Pad pour accéder a des données de réalité augmentée.

Dans tous les cas, mis à part le côté aliénant de ces fonctionnalités, le potentiel est énorme. On voit très bien ici l’intérêt et le côté pratique au quotidien d’une tablette de ce format. On ne sait pas comment l’utilisateur range sa tablette et on suppose qu’il n’a pas une poche assez grande pour l’y glisser mais pour toutes les manipulations exposées le format est suffisant, adapté et n’occupe pas trop votre espace visuel. Samsung a bien travaillé son sujet et rend une copie plutôt bluffante.

L’écran et son affichage

L’écran est donc un 7″ en 1024 x 600 pixels, c’est à dire l’affichage standard des dalles 10″ de netbooks.  Il est tactile et utilise une technologie capacitive. Cela veut dire qu’il faut le manipuler au doigt et qu’il est insensible à la pression. On a cependant vu que Samsung comptait livrer un stylet bluetooth que la tablette serait en mesure d’exploiter. Mais par défaut, hormis le doigt et quelques rares stylets capacitifs plus ou moins compétents, il sera impossible d’utiliser la machine en reconnaissance d’écriture cursive confortablement.  La résolution de l’engin, associée à cette technologie, est tout à fait plaisante sur une tablette tactile. Certains objecteront bien sûr que 600 pixels de hauteur peuvent paraitre courts et amener à beaucoup de défilement sur une page très longue en hauteur comme une page de recherche Ebay. Mais il faut prendre en compte 2 éléments importants. D’abord la possibilité offerte de tourner la tablette en format portrait ce qui, grâce à son accéléromètre, la fera passer en 600 x 1024 pixels et augmentera donc sensiblement la hauteur de page affichée. Le défilement tactile de ce type d’engin apporte également du confort : là où il faut plusieurs mouvements de molette sur une souris d’ordinateur pour atteindre le bas d’une page, un glissement de doigt sur l’écran vous fera rebondir sur le pied de page en quelques secondes.

La densité de pixels à l’écran et le fait que Samsung ait visiblement poussé le contraste de la dalle LCD au maximum rendent l’engin vraiment attrayant. En utilisant une technologie baptisée Super TFT, Samsung coupe la poire en deux. La marque n’explose pas – enfin pas trop – le prix de l’engin comme elle aurait été contrainte de le faire en utilisant un écran AMOLED, bien plus onéreux. L’affichage est superbe, la qualité des vidéos et des photos est très agréable et la lecture de livres numériques, sans atteindre le confort d’une encre électronique, est franchement appréciable. Tous les avis que j’ai pus lire sont unanimes quant à la qualité d’affichage.

Toujours autant de questionnements sur la présence de ces fameuses bandes noires autour de la surface affichée. Peut-on en imaginer de plus petites ? Il y a tout de même plusieurs éléments à prendre en compte par rapport à ce type d’engin. D’abord un problème d’espace : l’écran  ne mesure que 7″ et cela ne fait que peu de place pour la batterie interne ainsi que le reste des composants. Avec une largeur de 19 cm pour 12 cm de hauteur et 12 mm d’épaisseur la tablette est assez étroite et  il est difficile de l’imaginer plus compacte. Ensuite il faut prendre en compte la manière de tenir le Galaxy Tab. Sans un espace où le saisir, il est impossible de le manipuler puisque son écran tactile serait en permanence sollicité par la main le tenant.

Châssis, connectique et qualité de finition.

Alors que les avis concernant les prototypes étaient plutôt mitigés, le produit final est clairement encensé. Pas de défaut apparent, aucune impression de fragilité, la tablette est bien finie, solidement bâtie et les matériaux choisis semblent correspondre aux attentes des différents testeurs. Pas de métal sur cet engin mais des plastiques solides et résistants. La partie écran est brillante, très brillante, et reste donc sensible aux différentes sources lumineuses.

D’un point de vue connectique, c’est minimaliste et c’est voulu comme tel. On l’a vu, des accessoires divers existeront pour pouvoir profiter du dock de l’engin pour le connecter à un ordinateur ou sur un écran via le HDMI, mais, par défaut, l’interface de la tablette ne laisse pas grand choix. Il y a bien sûr le connecteur du dock placé dans sa hauteur qui servira a exploiter tout un tas de périphériques dont le clavier chiclet officiel. Pour le reste, c’est limité à un port Jack 3.5″ servant a brancher un casque micro standard. La tablette dispose naturellement d’une paire d’enceintes stéréo autour du dock ainsi que d’un micro intégré. Reste enfin le lecteur de cartes SIM pour la 3G et un lecteur de cartes MicroSD pour étendre les capacités de stockage de 16 ou 32Go facilement.

Pour le reste, la tablette embarque bien évidemment les boutons de volume et de contrôle Android habituels. Rien de vraiment excitant mais le strict minimum, une austérité nécessaire pour que la machine garde sa finesse.

Matériel et technologies embarquées

Le Galaxy Tab embarque pas mal de nouveautés et cache de nombreuses capacités dont on ne peut douter au premier abord. Si elles sont connues des possesseurs d’engins sous Android, ce n’est pas forcément une évidence pour tout le monde.

Cela commence par une double caméra. Le Galaxy Tab filme les événements extérieurs avec sa caméra de façade 3 megapixels à autofocus : largement suffisant pour prendre en photo quelque chose confortablement ou réaliser des séquences vidéos. L’autofocus et sa petite led « flash » seront utile pour solutionner plusieurs types de prise de vue : de la référence d’une étiquette de produit en gros plan à la photo de famille dans la rue, tout sera possible. Une seconde caméra 1.3 megapixels, située du coté écran, permet de se filmer soi même pour envoyer un message et surtout faire de la visio conférence. L’air de rien, la présence de ces 2 caméras multiplient les possibilités de l’engin. D’abord parce que cela en fait un vrai engin communicant. Et comme ce type de solution tend à se multiplier, la possibilité réelle de tenir ce type de conférence vidéo ne se limitera plus au monde professionnel.

Le détecteur de mouvements intégré sert à changer l’orientation du contenu de la tablette selon la façon dont vous la tenez. Il est configurable logiciellement et vous pourrez donc garder un affichage en mode portrait ou paysage si cela vous convient mieux. Les habituelles fonctions de détection de mouvement sur 3 axes nécessaires pour manipuler jeux et autres applications sont présentes ainsi que le détecteur d’ambiance lumineuse destiné à modifier la force du rétro éclairage à led de l’engin en fonction des conditions extérieures.

L’ensemble est piloté par un processeur ARM de type Cortex A8 cadencé à 1GHz couplé à un processeur graphique PowerVR SGx540.  Si vous  êtes du monde PC, oubliez les idées reçues sur les fréquences de processeurs. Une puce à 1GHz peut parfaitement être capable d’affronter des tâches ardues comme la lecture de vidéos HD en 1080P ou l’affichage de pages web lourdes sous flash. Les 512 Mo qui épaulent le processeur sont également très suffisants. Le fonctionnement de la tablette est jugé comme fluide et agréable par l’ensemble des premiers testeurs, que ce soit en flash ou en 3D.

Pour le reste, Samsung a choisi d’intégrer un stockage flash de 16 ou 32 gigaoctets suivant les modèles : capacité largement suffisante sous Android et que l’on pourra de plus étendre facilement avec une carte MicroSD 32Go. Forcément orientée vers une connexion permanente, la machine est à la fois Wifi à la norme b/g/n et, évidemment, 3G. Elle embarque également du Bluetooth 3.0 pour profiter au mieux de ses capacités de téléphonie grâce à une oreillette au même format. Samsung compte bien vendre ce type d’accessoires pour accompagner la tablette et on peut faire confiance à la marque pour proposer des périphériques de téléphonie de qualité.

La batterie, enfin, est une 4000 mAh qui assurera une excellente autonomie à l’engin. Comment traduire « excellente » en terme d’heures ? Disons que le constructeur assure qu’on pourra lire pendant 7 heures d ‘affilée une vidéo HD. Cela devrait assurer au minimum la même chose en butinage web sur des sites gourmands.

Offre logicielle.

La Galaxy Tab tourne sous Android 2.2 (Nom de code Froyo) et supporte donc le flash 10.1. En clair cela se traduit non seulement par une lecture des formats flash au sein des navigateurs embarqués par le système mais en plus par la lecture des vidéos HD en streaming sans souci. Vous pourrez donc lire vos films préférés depuis une plate forme vidéo en ligne exploitant le flash sans saccades ni ralentissements. Avec l’accessoire adéquat vous brancherez votre tablette sur un téléviseur pour en profiter. Le support du flash signifie que les jeux du même format seront exploitables, ce qui fait une ludothèque putôt sympathique pour l’engin.

Samsung profite d’Android, qu’il connait bien pour s’y être frotté en téléphonie, pour livrer avec la machine sa surcouche logicielle TouchWiz en version 3.0. Cette surcouche comble les lacunes d’Android en matière de tablettes. L’interface a certes quelques relents de prise en main un peu gnangnan qui pourraient se traduire pour les habitués en « Android pour les nuls » mais elle rustine assez bien les problèmes habituellement rencontrés par cette solution.

Mais le gros point fort de la machine est sans doute la bonne idée qu’a eu Samsung d’ajouter des applications spécifiquement développées pour cette résolution d’écran. Un agenda signé Samsung tire parti de ce 1024 x 600 tout comme un logiciel maison pour gérer vos emails ou vos messageries. Un lecteur multimédia avec un accès vers la boutique musicale de la marque est également présent, tout comme un lecteur de livres, magazines et journaux numériques. Ajoutez à cela un gestionnaire d’appels intuitif qui permet de prendre ses appels de façons standard (enfin si l’on peut imaginer téléphoner avec un engin de cette taille sans un casque micro ou une oreillette) ou en vidéo conférence. Si l’ensemble de ces applications ne vous convient pas, le Galaxy Tab a accès au Market d’Android et vous pourrez donc retrouver l’ensemble des applications disponibles sur ce système. Les applications Google standards sont également présentes et on retrouve ainsi, par exemple, Google Maps sur sa tablette.

Prix et disponibilité.

Si les lignes lues plus haut vous ont donné envie de posséder cet engin, l’annonce du tarif supposé de la tablette vous fera surement réfléchir. Samsung n’est pas connu pour être la marque la plus abordable du marché, loin de là, mais le prix de 799€ qui circule actuellement pour cette tablette fait, semble-t-il, retomber toute envie de jouer avec elle. Même si Samsung assure officiellement que les tarifs qui circulent sont pour le moment non officiels, cette fourchette haute de prix fait réfléchir.

Samsung joue-t-il sur un prix d’annonce assez haut pour mieux vendre les offres d’abonnements 3G de ses partenaires ? Le prix US annoncé avec certaines offres mobiles pourrait redescendre à moins de 100$ pour l’engin à condition de s’abonner pour 24 mois à un service 3G assez onéreux. L’idée est probablement là : faire passer la pilule d’un prix d’achat élevé avec un abonnement 3G dans le temps. Une sorte de crédit déguisé mais qui a plus de sens sur cette tablette que sur d’autres engins Android au vu de sa capacité à supporter la téléphonie.

La disponibilité réelle de l’engin en Europe et en France est encore assez floue et je pense que les pourparlers entre opérateurs et Samsung sont en cours. D’expérience cela peut être très long et je n’imagine pas que l’on puisse voir la tablette débarquer ce mois ci dans l’héxagone. Plusieurs échos affirment qu’une distribution plus classique, en magasin et sans abonnement, serait également en cours d’étude mais il est difficile de savoir si cela va être finalisé.

Je devrais avoir plus d’informations cette semaine sur ces derniers points.



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